Archives de catégorie : Amérique latine

Marita Barea: cinéaste péruvienne

Une documentariste féministe fidèle à ses engagements: Marita  Barea

Isabelle Tauzin Castellanos

L’œuvre cinématographique de Marita Barea est un ensemble de onze documentaires et docu-fictions réalisés entre 1981 et 2015 et centrés sur la vie des femmes, catégorisées  comme subalternes. J’ai rencontré la réalisatrice en mars 2026 à Lima pour cet article sur les réalisatrices péruviennes, mais son nom m’était connu depuis des décennies, comme la coréalisatrice et actrice d’un film qui a marqué les années 80 sur la vie des enfants migrants à Lima.

Marita Barea est née en 1943. Elle n’est pas issue d’un milieu favorisé, fille d’émigré italien. Originaire de Chancay, une petite ville au nord de Lima, elle est arrivée à Lima à l’âge de sept ans avec sa famille. Grâce à une bourse, elle a pu suivre une formation secondaire dans un collège italien et a commencé à travailler comme employée de bureau. Marita Barea insiste sur le fait que dès l’enfance elle était attirée par le théâtre, mais cette attirance n’était pas partagée par son entourage. Mariée à dix-neuf ans, elle est partie vivre dans une ville des Andes, Huancayo : « me atraía el mundo andino ». Veuve très jeune, revenue dans la capitale, avec un enfant en bas-âge, elle surmonte la dépression et suit les cours du Club de Théâtre de Lima. En 1971 Marita Barea produit une pièce du dramaturge vénézuélien Roberto Santana et devient l’assistante de production du cinéaste originaire du Cusco, Luis Figueroa. Continuer la lecture de Marita Barea: cinéaste péruvienne

Los relatos fantásticos de Alfredo Castellanos Barrera

Aserrín  por Marco Martos 

Los relatos fantásticos de Alfredo Castellanos – Marzo de 2026

Uno de los autores más notables de la ficción en el Perú de los años cincuenta es Alfredo Castellanos Barreda (1928-1976), quien fue uno de los contertulios que inspiró la novela de Julio Ramón Ribeyro Los geniecillos dominicales. Castellanos tiene una prosa peculiar, imantada, que nos seduce como un cuento de Kafka o las páginas de Martín Adán en La casa de cartón. También podemos sentir la presencia del más misterioso Valdelomar y del Vallejo de Escalas. Indiferente a todo lo que puede ser prestigio o figuración, como lo haría años después Luis Hernández, solía obsequiar sus textos inéditos a los amigos cercanos: Eleodoro Vargas Vicuña. Jorge Eduardo Eielson, Oswaldo Reynoso, Miguel Gutiérrez. No pensaba en libros, sino en cuentos. El azar de la vida ha querido que ese aparente descuido sirva más bien para  rescatar una parte muy valiosa de su producción, pues algunos de estos allegados, amigos de la esposa de Castellanos, Esperanza Ruiz, figura emblemática de esos años y profesora de San Marcos, han contribuido entregando originales que tenían guardados para dar lugar a la publicación  Relatos fantásticos de Alfredo Castellanos publicado en 2006 por editorial San Marcos que dirigía Aníbal Paredes y que todavía, con algún esfuerzo puede hallarse en librerías, pero que naturalmente está en las bibliotecas más importantes como la Nacional del Perú o la de la Universidad de San Marcos.

Durante un tiempo, merced a un trabajo que tuvo en la Compañía Peruana de Vapores, viajó Alfredo Castellanos y estuvo en Panamá, San Francisco, Vancouver, Hanover, y conoció los puertos del Japón y China. Sin embargo, no hay rastro en su escritura de ese conocimiento, porque lo que interesaba a nuestro autor era las profundidades del alma, el enigma de las conductas imprevisibles, la violencia de las acciones humanas. Básicamente, pensaba, aunque cada ser es diferente, único, hay algo común en todos ellos, independientemente de su edad, país, o circunstancia histórica. El ser humano está mal hecho, como lo había dicho Vallejo en uno de sus poemas más célebres. El mal vence al bien casi siempre. Pese a lo dicho y escrito por él, rescatamos una confesión que le hizo a su propia esposa Esperanza Ruiz, estando ya enfermo: la vida merece vivirse. Cada persona, añadimos, debe darse su oportunidad.

En uno de sus cuentos, Alfredo Castellanos escribió: “Un sopor iba adormeciéndolo, las manos se le ablandaban al contacto de su carne. Ya estaba viejo de haber esperado tantos años. Las pupilas se le disolvían en un licor sucio pero la contemplación de la gente no le contrariaba, antes bien parecía alegrarle”.

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Nota publicada con motivo de la presentación de La culpa y otros cuentos de Alfredo Castellanos Barrera en la Casa de la Literatura el 9 de octubre de 2014.

La edición, preparada por Esperanza Ruiz -viuda del autor- y el poeta Gonzalo Portals, nos permitirá apreciar el talento de un escritor a quien no le interesó divulgar su obra y cuyos originales anduvieron perdidos durante cuatro décadas entre los documentos del psiquiatra Mariano Querol.

El eje llamativo de los 9 relatos lo constituye el sentimiento de culpa y la religión, según coinciden los dos reconocidos prologuistas del libro, Elton Honores y Gonzalo Portals.

Alfredo Castellanos Barrera nació en Apurímac el 2 de octubre de 1928 mientras su padre ejercía el cargo de prefecto. Su existencia transcurrió entre Lima y Miraflores, falleció un 11 de diciembre de 1976. Llevó una vida de constantes viajes por el Perú y el extranjero. Es un enigmático narrador de la Generación del 50 que falleció a los cuarenta y ocho años. Castellanos es autor, además, de Relatos fantásticos (2006).

 

 

 

Lady Nazca : un biopic exceptionnel sur le Pérou

Lady Nazca ou la découvreuse des lignes de Nazca: Maria Reiche

Sorti en décembre 2025 en France, Lady Nazca est un film aux prises de vue superbes. Le Sud du Pérou est dévoilé, construit autour de la figure historique de Maria Reiche, l’archéologue très connue au Pérou et ignorée en France. Plus qu’un drame historique, le parcours de vie d’une femme forte est imaginé.

Le titre Lady Nazca est un clin d’œil humoristique car Maria Reiche n’a rien à voir avec la chanteuse américaine Lady Gaga, Reiche est  née dans le nord de l’Allemagne,  en 1903. Autre clin d’œil : l’affiche inspirée de Bagdad Café, grand succès de la fin des années 80 qui héroïsait une Allemande perdue dans le désert ouest-américain.

Le film se libère de l’exactitude historique d’un documentaire, et rend le personnage de Maria Reiche à la fois attachant et fascinant (incarnée par l’actrice allemande Devrim Lingnau).

https://www.mdr.de/nachrichten/sachsen/dresden/film-maria-reiche-nazca-linien-geheimnis-kultur-news-100.html

Lady Nazca suit les pas de Maria Reiche arrivée pour la première fois au Pérou en 1932. Le réalisateur suisse Damien Dorsaz nous fait partager l’enthousiasme de la jeune femme qui laisse des élèves peu intéressés par la beauté des mathématiques, pour connaître le “Pérou profond” de la Côte, Ica et Nazca, et le site de Cahuachi au début des années 40 aux côtés de l’anthropologue Paul Kosok.

Dans le film de Dorsaz, Kosok est remplacé par le Français Paul D’Harcourt (Raoul D’Harcourt) très joliment incarné par Vincent Dedienne.

D’Harcourt passionné par l’art textile, la céramique et la musique préhispanique et andine, embauche Maria Reiche parfaitement polyglotte pour traduire les écrits de l’Allemand Max Uhle, père fondateur du musée d’histoire du Pérou en 1906 (dans les faits, Maria Reiche a traduit pour Julio C. Tello les écrits de Uhle, et non pas au service de D’Harcourt).

Le spectateur de Lady Nazca découvre d’abord le quartier bohème de Barranco à l’image du salon de thé tenu par l’amie de Maria, Amy Meredith, et l’opulence de l’élite locale, propriétaire de lieux comme la villa Heeren. C’est une capitale cosmopolite que la caméra explore dans un premier temps, avant de transporter le spectateur et Maria dans un taxi collectif, une chèvre sur les genoux, en route pour les dunes du Sud et le quotidien du monde andin dans le style à la fois doux et violent des romans de José Maria Arguedas (Yawar Fiesta).

Maria Reiche installe sa tente à l’ombre d’un caroubier et, armée d’un modeste balai, ou juchée sur une échelle instable, elle oublie les heures et les mois qui passent, et met au jour les figures stylisées de colibri, de singe, d’araignée, toute sorte de sillons sableux indéfinis qu’elle repère tracés depuis des millénaires et effacés par les vents et le temps.

Au XXe siècle, les lignes sont menacées par l’agriculture exportatrice représentée par un grand propriétaire, l’hacendado Montoya qui commence à incendier les friches où se trouvent les vestiges des Nazcas, pour planter du coton à perte de vue. Un couple de paysans quechuas observe les mouvements de l’étrangère devenue pour tous la folle du désert. Les métayers finissent par l’aider lorsqu’elle s’effondre à bout de souffle, et en même temps illuminée le jour du solstice d’hiver, par la révélation calendaire des figures énigmatiques.

Le film de Damien Dorsaz est le résultat d’une quête esthétique qui remonte à la rencontre du réalisateur suisse avec Maria Reiche en 1996, lorsqu’il avait vingt-deux ans, et Maria Reiche quatre-vingt-quatorze, un an avant la mort de la vieille dame en 1997.

Dans Lady Nazca, les figurants péruviens sont très nombreux et donnent l’impression d’animer des aquarelles de Pancho Fierro ou d’incarner les petits métiers qui ont inspiré les artistes depuis l’Indépendance du Pérou de 1821.

Pour sauver les lignes de Nazca, Maria Reiche obtient l’appui de l’ethnologue Julio C. Tello, spécialiste de la culture Chavin, de sorte qu’elle défend devant le Congrès péruvien, le patrimoine des lignes de Nazca, et par un vote historique, obtient gain de cause auprès des parlementaires.

Les lignes sont ainsi sauvées du projet d’irrigation qui aurait dévasté ce trésor du patrimoine mondial de l’humanité. Finalement, Maria Reiche découvre l’immensité de sa découverte en survolant la pampa de Nazca à bord d’un vieux coucou comme ceux qui transporteront des touristes tout au long de la seconde moitié du XXe siècle sur les pas de la Dame de Nazca.

Isabelle Tauzin Castellanos

Flora Tristan entre Bordeaux et le Pérou

Portrait de Flora Tristan paru dans Charivari 22 février 1839

La vie de Flora Tristan a donné lieu à maintes biographies et rééditions dans le sillage des études de genre. Les travaux pionniers de Stéphane Michaud ont ouvert de nombreuses voies. Au Pérou, Flora Tristan est devenue une icône après avoir été condamnée au XIXe siècle pour ses critiques acerbes sur la société qui l’a accueillie.

Le texte ci-dessous est un extrait du chapitre que lui consacre Isabelle Tauzin-Castellanos dans L’Amérique du Sud: histoire d’émigrations (XIXe-XXe siècles).

Atelier de Pancho Fierrro. Tapada.

Après une première partie du chapitre  consacrée à la présentation d’archives retrouvées à Paris, à Bordeaux et à Madrid,  l’historienne  s’attache à étudier l’évocation de Françaises exilées au Pérou et au Chili et fréquentées par Flora Tristan, puis la représentation du type de la tapada, qui a fasciné les voyageurs dans la première moitié du XIXe siècle. Un autre type moins attractif visuellement, mais qui a retenu également l’attention de la Française, est celui des rabonas. Continuer la lecture de Flora Tristan entre Bordeaux et le Pérou

Madeleine Truel, Lucha Truel, un libro homenaje sobre las autoras francoperuanas de El niño del metro. Arte, literatura y resistencia.

El 3 de mayo de 1945, Madeleine Truel fue enterrada en el cementerio de Stolpe, en el noreste de Alemania, víctima de un kapo del campo de concentración de Sachsenhausen, desenlace fatal de una Marcha de la Muerte que había comenzado a finales de abril.

Las hermanas Truel nacieron en el Perú en los albores del siglo XX, 5 hermanas y 3 hermanos cuyas raíces familiares se encontraban en el País Vasco y el departamento de Aveyron.

Sus padres fueron prósperos comerciantes que ascendieron   en la capital peruana, tema del primer capítulo del ensayo dedicado al Niño del metro, el cuento alegórico escrito por Madeleine e ilustrado por Lucha Truel en 1943, en la biografía de Isabelle Tauzin-Castellanos que UN@ éditions da a conocer en Burdeos con motivo del 80 aniversario de la muerte de Madeleine.

Tras la muerte de Margarita Larrabure y Alejandro Truel el comandante la Bomba Francia (foto de Marilú Cerna Moral), los 8 hermanos llegan a París y comienzan una nueva vida. El cosmopolitismo y la emancipación femenina definen los locos años veinte. Lucha, la menor de los ocho hijos, se dedica a la pintura. La vida en Francia antes de 1939 era despreocupada, con lecturas de poesía de Lorca y el vanguardista Cocteau, visitas al teatro y vacaciones al sur de Francia aunque Madeleine pasaba muchas horas como secretaria de confianza del banco Movellán. Continuer la lecture de Madeleine Truel, Lucha Truel, un libro homenaje sobre las autoras francoperuanas de El niño del metro. Arte, literatura y resistencia.

Camille Pradier Fodéré et ses souvenirs du Pérou

Le fonds éditorial de l’université publique San Marcos a publié à l’initiative de Victor Arrambide la traduction en espagnol des souvenirs du Pérou de Camille Pradier-Fodéré, fils du professeur de droit que San Marcos avait engagé pour renforcer l’enseignement des étudiants juristes de Lima de 1874 à 1880. La traduction espagnole rend compte des préjugés , des incompréhensions et des bonnes surprises de l’étranger européen confronté à une réalité civilisationnelle différente de l’industrialisation du Vieux Monde. Continuer la lecture de Camille Pradier Fodéré et ses souvenirs du Pérou

Compte rendu d’ouvrage: Images et représentations du Pérou de l’Indépendance à nos jours

 

Images et représentations du Pérou en France, 1821-2021, La Réunion, Presses Universitaires Indianocéaniques, 2022, 404 p. ISBN : 978-2-38444-006-1

Par  Flor de María Mallqui Bravo (Universidad San Ignacio de Loyola, Lima)

Este libro es producto del coloquio internacional homónimo: Images et représentations du Pérou en France, 1821-2021 (Imágenes y representaciones del Perú en Francia, 1821-2021) realizado en Burdeos en noviembre de 2021. Continuer la lecture de Compte rendu d’ouvrage: Images et représentations du Pérou de l’Indépendance à nos jours

Los amigos de Elena: un roman sur le Pérou du milieu du XIXe siècle

Compte rendu en ligne sur le premier roman de Fernando Casos par Carlos Estela Vilela publié par la revue Archivo Vallejo – Universidad Ricardo Palma

PDF.

 

“Elena y sus amigos, casi dos siglos después”, por Carlos Estela-Vilela

¿Una novela de amor, una novela policial, una novela histórica…? Los amigos de Elena. Diez años antes, permite al lector reencontrarse con un desconocido: Fernando Casós. En 1874 el abogado trujillano publica en París esta novela ambientada en el Perú de 1849 agitado por toda la resaca consecuencia del “maldito guano”.

Elena y uno de los amigos, una transfiguración del autor, luchan por su amor en el escenario propio de una sociedad descompuesta por la corrupción y la violencia contra personajes desalmados dispuestos a venderse y vender al país al mejor postor. Estos malvados envuelven a los amigos en mentiras e intrigas para enfrentarlos a los crímenes que alimentan la historia de amor.

¿Logran estos jóvenes provincianos sortear los obstáculos armados de sus corazones e ideales? El lector lo sabrá si se deja conducir a lo largo de sus cuatrocientas páginas. Casós ha concedido un ritmo con aire de trote a su relato tejido a partir de capítulos muy cortos que lo hace de ágil lectura. Esta no es la única particularidad estilística de la novela. Su modernidad radica en la “hibridez de lenguajes”, como se apunta en una introducción que nos devela la biografía del autor y repara en los aspectos fundamentales para comprender la importancia de su obra. Continuer la lecture de Los amigos de Elena: un roman sur le Pérou du milieu du XIXe siècle

Margarita de Saigon: (2021): un poemario del peruano Marco Martos sobre Marguerite Duras

El poemario de Marco Martos es un emocionado homenaje a la escritora francesa Marguerite Duras, autora de una obra amplísima publicada en París en el segundo medio siglo XX.  La vida tumultuosa de Duras inspiró a la historiadora del feminismo francés Laure Adler. Con más de un parecido con Flora Tristán y con las hermanas Truel, la Duras rebelde y resistente a la que resucita Marco Martos, es: “misterio de la vida que fluye,/por todos los espacios, radiante flor”. Continuer la lecture de Margarita de Saigon: (2021): un poemario del peruano Marco Martos sobre Marguerite Duras

Simon Bolivar : le Libertador, de l’histoire au mythe.

L’histoire n’a cessé de se répéter au cours des deux siècles qui se sont écoulés depuis le début de la guerre civile que fut la lutte pour l’indépendance au Venezuela, comme sur l’ensemble du continent hispano-américain. La biographie de Bolívar a été adaptée en fonction des intérêts des gouvernements, toujours en quête d’un héros et incapable d’accepter la discordance entre la réalité et le mythe unificateur. On trouvera l’origine du tableau ci-dessus et du cliché ici.

Le présent travail accessible en ligne est le produit de la préparation à l’agrégation interne d’espagnol en lien avec les célébrations des bicentenaires des Indépendances. Le prochain hommage à Bolivar sera en 2030.

La historia no ha dejado de repetirse a lo largo de los dos siglos desde el inicio de esa guerra civil que fue en Venezuela como en todo el continente hispanoamericano la lucha por la independencia.
La biografía de Bolívar ha sido adaptada según los intereses de los gobiernos de turno, siempre necesitados de un héroe e incapaces de aceptar las discordancias de la realidad con el mito unificador.

La presente obra asequible on-line es producto de la preparación para las oposiciones al profesorado  con motivo de las celebraciones del bicentenario de las Independencias. El próximo homenaje a Bolívar será en 2030.

 

La Francia que amamos – Cette France que nous aimons, un témoignage de 1945 – testimonio de 1945

Compte rendu de la traduction en espagnol de Cette France que nous aimons sous le titre La Francia que amamos de Ventura García Calderón (Lima, Universidad Ricardo Palma, 2012)

La Francia que amamos de Ventura García Calderón es legible por primera vez en el Perú, en versión castellana. Ha sido traducida después de más de sesenta años de editada primero en 1945 en Ginebra y luego en París en 1947. Cabe saludar aquí no sólo la iniciativa de la universidad Ricardo Palma, sino sobre todo la valentía de esa aventura o larga «travesía » tal como la define en una nota liminar la traductora María del Pilar Zuazo, quien asumió semejante reto filológico con el apoyo del decano de la facultad de Humanidades y Lenguas Modernas, Pedro Díaz Ortiz.

Traducir a Ventura García Calderón no es nada fácil. El dominio del francés que se transparenta en la traducción, fue propio de un gran erudito perfectamente francófono, capaz de jugar con todos los matices del idioma de Molière. Por tanto, la labor de traducción al castellano requería investigar muchos campos, identificar los galicismos, interpretar las imágenes con que se deleitaba ese bilingüe nato, llegar a captar el « génie de la langue » y trasladar aquella magia verbal al castellano. Además la traductora demuestra un conocimiento preciso de la historia y cultura francesa, anticipando con profusas notas las dudas y preguntas del lector hispanohablante muy alejado de la realidad histórica que viviera Ventura García Calderón. Los largos meses que la traductora dedicó al autor de «La venganza del cóndor » permiten rememorar los tiempos difíciles de la Segunda Guerra Mundial. Si bien María del Pilar Zuazo se disculpa en el prólogo por la violencia de las posturas anti-alemanas de García Calderón, la autora de la presente reseña valora precisamente gracias a La Francia que amamos cómo el peruano identificaba su destino con el de Francia.

El texto del diplomático está empapado de tensa emoción. Gracias a sus palabras, el lector vive el drama de la invasión de 1940 y luego los años terribles de la Ocupación. Ventura García Calderón, considerado en la historia literaria peruana como retrógrado, muestra otro rostro en estos ensayos. Se acerca al espíritu de la Resistencia. En ello, este francófilo coincide de forma admirable y extraña con Manuel González Prada apasionado por el destino de Francia en 1914. Aunque muchas de sus preferencias literarias (Barrès, Péguy) suelen ser clasificadas entre los escritores nacionalistas, no por eso García Calderón expone un discurso unívoco ni displicente. Merced a una prosa sobria y precisa, el ambiente tétrico de aquellos años se hace realidad, con las noches « acosadas entre silbidos y zumbidos » (p. 32), algo parecido al Perú del conflicto interno de los ’80. El ensayo «Primeros contactos con el enemigo » cierra este testimonio autobiográfico con palabras de espanto : « En las noches de insomnio del París de 1940, me imaginaba una máquina para explorar el odio » (p. 43).

Luego Ventura García Calderón enumera las invenciones infernales de los nazis para torturar a los patriotas enemigos (p. 69). La primera parte de La Francia que amamos resulta un testimonio de excepcional valía. Más adelante, en la segunda parte, encabezada por un ensayo titulado « Francia imperecedera » y dedicada a la cultura francesa, el autor peruano examina las contradicciones de su patria intelectual, cuna de Voltaire y Bernadette de Soubirous, de Napoleón y Proudhon, el libertario por el que siente una extraña fascinación. A la vez se adhiere al mito popular de Juana de Arco, la pastora de Lorena quien convenciera a un rey acobardado de que levantara un ejército y expulsara a los ingleses dueños y señores de « la douce France ».

Con este libro vamos entendiendo las peculiaridades del conservadurismo de García Calderón. Con ese espíritu revanchista que perduró después de la Guerra del Pacífico en el odio al vecino del Sur, el escritor homenajea a algún « puntal del nacionalismo francés que no caería […] en el atroz colaboracionismo de los demás » (p. 226). También celebra la literatura y filosofía francesa, cita a innumerables autores, desde Rabelais hasta Valéry ; manifiesta el mayor interés por los escritores del XIX (Balzac, Hugo, Michelet, Baudelaire, Renan, Vallès, Fustel de Coulanges…) ; a todos los menciona y comenta apasionadamente. La traducción prologada por el Decano Pedro Díaz Ortiz permite acceder a juicios críticos sobre la literatura francesa hasta entonces inasequibles y ha de ayudar a todos los investigadores interesados por la cultura europea.

Para los peruanos La Francia que amamos es la oportunidad de emprender un viaje en el tiempo y el espacio, desbaratando los clichés sobre París, limitado a Notre Dame y la torre Eiffel. Con esta traducción digna de muchos encomios, la Universidad Ricardo Palma ofrece un aporte singular al conocimiento de la cultura europea y rescata la herencia de un excelso francófilo.

Isabelle Tauzin-Castellanos – Université Bordeaux Montaigne

El Comercio. Dominical, Lima, 28/04/2014 p. 4

Images et représentations du Pérou en France

Images et représentations du Pérou en France est un ouvrage collectif préparé par les chercheuses Isabelle Tauzin-Castellanos, Mónica Cárdenas Moreno et Maylis Santa-Cruz à l’issue du colloque organisé au musée d’Aquitaine à Bordeaux en 2021 dans le cadre des projets IUF et Ecos Pérou obtenus par la professeure Isabelle Tauzin (Université Bordeaux Montaigne, Ameriber). Le volume collectif est édité par les Presses Universitaires Indianocéaniques (Université de La Réunion).

ISBN : 9782384440061

Pour découvrir un extrait.

Le Pérou est entré dans un cycle de célébration qui va se prolonger jusqu’en 2030 pour construire une Amérique non-alignée.

C’est en juillet 1821 que la capitale du Pérou, Lima a proclamé son indépendance ; l’armée coloniale s’est retirée définitivement après la bataille d’Ayacucho, en décembre 1824. Le présent ouvrage entend contribuer au rayonnement international du Bicentenaire à partir de perspectives multiples, interdisciplinaire et interuniversitaire, associant des chercheurs de tout l’hexagone et révélant la diversité de la peinture et du cinéma le plus récent, l’histoire et la littérature partagée entre influence et indépendance dans un parcours de deux siècles organisé suivant la chronologie.

L’histoire du Pérou indépendant est surtout connue par les sources en langue espagnole et peu accessible du public français. La donner à connaître en français, évoquer les échanges culturels entre le Vieux Monde et le Nouveau Monde est la vocation de cet ouvrage : comment un poète péruvien prétend-il écrire une nouvelle poésie en français inspirée de l’héritage inca ? Comment les artistes latino-américains viennent-il exposer dans les salons parisiens ? Comment les vertus de la feuille de coca produite dans les vallées andines ont-elles été vantées par un pharmacien corse ?

Camille de Roquefeuil fut le premier marin français à aborder le littoral péruvien en 1817 à bord du Bordelais après avoir navigué dans l’Océan Indien ; il retourne à l’île Bourbon où il devient capitaine du port de Saint-Paul. Sur les traces de Roquefeuil, la biographie du libéral Lord Cochrane, passé au service des insurgés sud-américains, est explorée. La parole de deux Afro-péruviens mimée au théâtre livre les clés de la perception des esclaves et des affranchis dans les années 1830. Le consul Chaumette des Fossés nommé inspecteur du commerce au Pérou est revenu à Paris avec des aquarelles comme autant d’images d’Epinal réalisées par un artisan afro-péruvien, Pancho Fierro. La même curiosité anime le peintre allemand Maurice Rugendas dans les années 1840, tandis que la Revue Orientale et Américaine au cours de la seconde moitié du XIXe siècle ne cesse d’orientaliser le Pérou et de transcrire la réalité à partir de clichés européens. Les artistes péruviens ont été nombreux cependant à faire leurs classes en France, qu’il s’agisse du réaliste Ignacio Merino ou des peintres indigénistes Julia Codesido et Manuel Cardenas Castro. Après la célébration du Centenaire en 1921, l’Amazonie péruvienne continue d’être pillée, les artistes autochtones dénoncent l’exploitation génocidaire. Ce parcours qui rassemble une dizaine de spécialistes du Pérou contemporain, et s’inscrit dans le cadre d’un projet de l’Institut Universitaire de France, est une invitation à l’interculturalité dans le droit fil de la nouvelle recherche latino-américaniste connectée avec la tradition interdisciplinaire de l’Université de La Réunion portée par Monica Cardenas Moreno.

 

Sommaire en ligne

Entre ethnographie et fiction: récit sur l’Amazonie en 1898

José Torres Lara: Las mariposas blancas Episodios de la expedición a Iquitos La vía central y las cuestiones de Oriente

Lima, 2023, ed. MYL . ISBN: 9786125013316

Introducción Isabelle Tauzin-Castellanos

A inicios del siglo XX estalló el escándalo del Putumayo, la denuncia del genocidio en la prensa de Iquitos, en la precaria revista La Felpa, contra los barones del caucho, sus mayordomos inhumanos, la esclavización y torturas sufridas por la población nativa ante la inacción cómplice de las autoridades políticas.

Las mariposas blancas es una invitación a descubrir la narrativa de la Selva a partir de un texto olvidado que llega a incluir una primera versión de la leyenda aun tan viva y aterradora del Tunche, “con su cabellera flotante, vestida de blanco, en medio de un nimbo resplandeciente como un hada” (Las mariposas blancas, 1898; 33).

Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra, por Ana Suarez (México)

Suárez, Ana, Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra, México, 2023, Malix.

La historiadora del Instituto Mora, la doctora Ana Rosa Suarez Argüello se ha lanzado a una aventura peligrosa: dejando los archivos, pero con base en su gran conocimiento de las relaciones entre México y los Estados Unidos, publica una novela que reconstruye el drama que fue la guerra provocada por la invasión de México por los Estados Unidos en 1846.

La novela es todo un éxito. Bien construida, con una prosa literaria que se aparenta a la de Alejandro Dumas, Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra empieza en Jalapa de donde sale la joven protagonista para evitar caer en las garras del general Santa Ana. El padre de la joven Juliana, un comerciante acaudalado, ha decidido enviar a su hija a un colegio religioso de Nueva York para ponerla a salvo y mejorar una instrucción imposible de completar en aquellos años 840 para una joven en México.

Alternan las voces de Juliana y de su primo Manuel como otras tantas cartas que se cruzan y no se contestan. Si bien en el convento Juliana se beneficia de la indulgencia y el cariño de Sister Louise, el socio estadounidense de Ignacio Ortiz encargado de pagar las cuotas del colegio, saca a la joven mexicana del colegio cuando ya no le llega el dinero y la emplea en su casa, junto con otra joven migrante de origen irlandés.

La novela representa las desigualdades que enfrenta Juliana en la casa que debería ampararla; ella se descubre “india”, desde la mirada de la señora de Miller. Juliana observa todos los prejuicios de la sociedad estadounidense como su primo que emprende el viaje por tierra desde Luisiana y contempla el trato inhumano aplicado a los esclavos con la conciencia tranquila de parte de los más de los estadounidenses.

El marco de la invasión estadounidense está omnipresente, porque los dos protagonistas, Juliana y Manuel, se hallan repentinamente en tierra enemiga y son susceptibles de ser considerados como espías. A ello se suma el enamoramiento de Juliana por un joven neoyorkino, el hijo de los Miller, que debe ir a combatir contra el ejército mexicano. La joven sirvienta irlandesa da a conocer a Juliana la otra cara de la realidad próspera de Nueva York, con sus tías y hermanitos sumidos en la mayor miseria.

La novela impacta por el destino de los personajes sumamente conmovedores y con los que nos identificamos gracias a la forma de diario. El viaje aludido en el título es a la vez el viaje por los Estados Unidos de Manuel, desde la mirada de un joven mulato, hijo ilegítimo y víctima de los prejuicios raciales en México; es también el viaje de los acompañantes de Manuel, la joven Nicole y su padrino español, cuyas identidades se van develando, que protegen al joven mexicano pronto a defender el honor de su patria en tierra enemiga.

La prosa de Ana Rosa Suarez Argüello no abunda en descripciones inútiles, sino que recrea mínimamente el entorno de la metrópoli neoyorquina y representa la segregación racial omnipresente. La lectura es palpitante hasta el desenlace inesperado que preferimos no descubrir para recomendar al lector mexicano Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra, joya novelesca de una historiadora de talento, probable doble de la protagonista, amante de dos patrias.