Une documentariste féministe fidèle à ses engagements: Marita Barea
Isabelle Tauzin Castellanos
L’œuvre cinématographique de Marita Barea est un ensemble de onze documentaires et docu-fictions réalisés entre 1981 et 2015 et centrés sur la vie des femmes, catégorisées comme subalternes. J’ai rencontré la réalisatrice en mars 2026 à Lima pour cet article sur les réalisatrices péruviennes, mais son nom m’était connu depuis des décennies, comme la coréalisatrice et actrice d’un film qui a marqué les années 80 sur la vie des enfants migrants à Lima.
Marita Barea est née en 1943. Elle n’est pas issue d’un milieu favorisé, fille d’émigré italien. Originaire de Chancay, une petite ville au nord de Lima, elle est arrivée à Lima à l’âge de sept ans avec sa famille. Grâce à une bourse, elle a pu suivre une formation secondaire dans un collège italien et a commencé à travailler comme employée de bureau. Marita Barea insiste sur le fait que dès l’enfance elle était attirée par le théâtre, mais cette attirance n’était pas partagée par son entourage. Mariée à dix-neuf ans, elle est partie vivre dans une ville des Andes, Huancayo : « me atraía el mundo andino ». Veuve très jeune, revenue dans la capitale, avec un enfant en bas-âge, elle surmonte la dépression et suit les cours du Club de Théâtre de Lima. En 1971 Marita Barea produit une pièce du dramaturge vénézuélien Roberto Santana et devient l’assistante de production du cinéaste originaire du Cusco, Luis Figueroa. Continuer la lecture de Marita Barea: cinéaste péruvienne→
Los relatos fantásticos de Alfredo Castellanos – Marzo de 2026
Uno de los autores más notables de la ficción en el Perú de los años cincuenta es Alfredo Castellanos Barreda (1928-1976), quien fue uno de los contertulios que inspiró la novela de Julio Ramón Ribeyro Los geniecillos dominicales. Castellanos tiene una prosa peculiar, imantada, que nos seduce como un cuento de Kafka o las páginas de Martín Adán en La casa de cartón. También podemos sentir la presencia del más misterioso Valdelomar y del Vallejo de Escalas. Indiferente a todo lo que puede ser prestigio o figuración, como lo haría años después Luis Hernández, solía obsequiar sus textos inéditos a los amigos cercanos: Eleodoro Vargas Vicuña. Jorge Eduardo Eielson, Oswaldo Reynoso, Miguel Gutiérrez. No pensaba en libros, sino en cuentos. El azar de la vida ha querido que ese aparente descuido sirva más bien para rescatar una parte muy valiosa de su producción, pues algunos de estos allegados, amigos de la esposa de Castellanos, Esperanza Ruiz, figura emblemática de esos años y profesora de San Marcos, han contribuido entregando originales que tenían guardados para dar lugar a la publicación Relatos fantásticos de Alfredo Castellanos publicado en 2006 por editorial San Marcos que dirigía Aníbal Paredes y que todavía, con algún esfuerzo puede hallarse en librerías, pero que naturalmente está en las bibliotecas más importantes como la Nacional del Perú o la de la Universidad de San Marcos.
Durante un tiempo, merced a un trabajo que tuvo en la Compañía Peruana de Vapores, viajó Alfredo Castellanos y estuvo en Panamá, San Francisco, Vancouver, Hanover, y conoció los puertos del Japón y China. Sin embargo, no hay rastro en su escritura de ese conocimiento, porque lo que interesaba a nuestro autor era las profundidades del alma, el enigma de las conductas imprevisibles, la violencia de las acciones humanas. Básicamente, pensaba, aunque cada ser es diferente, único, hay algo común en todos ellos, independientemente de su edad, país, o circunstancia histórica. El ser humano está mal hecho, como lo había dicho Vallejo en uno de sus poemas más célebres. El mal vence al bien casi siempre. Pese a lo dicho y escrito por él, rescatamos una confesión que le hizo a su propia esposa Esperanza Ruiz, estando ya enfermo: la vida merece vivirse. Cada persona, añadimos, debe darse su oportunidad.
En uno de sus cuentos, Alfredo Castellanos escribió: “Un sopor iba adormeciéndolo, las manos se le ablandaban al contacto de su carne. Ya estaba viejo de haber esperado tantos años. Las pupilas se le disolvían en un licor sucio pero la contemplación de la gente no le contrariaba, antes bien parecía alegrarle”.
La edición, preparada por Esperanza Ruiz -viuda del autor- y el poeta Gonzalo Portals, nos permitirá apreciar el talento de un escritor a quien no le interesó divulgar su obra y cuyos originales anduvieron perdidos durante cuatro décadas entre los documentos del psiquiatra Mariano Querol.
El eje llamativo de los 9 relatos lo constituye el sentimiento de culpa y la religión, según coinciden los dos reconocidos prologuistas del libro, Elton Honores y Gonzalo Portals.
Alfredo Castellanos Barrera nació en Apurímac el 2 de octubre de 1928 mientras su padre ejercía el cargo de prefecto. Su existencia transcurrió entre Lima y Miraflores, falleció un 11 de diciembre de 1976. Llevó una vida de constantes viajes por el Perú y el extranjero. Es un enigmático narrador de la Generación del 50 que falleció a los cuarenta y ocho años. Castellanos es autor, además, de Relatos fantásticos (2006).
Lady Nazca ou la découvreuse des lignes de Nazca: Maria Reiche
Sorti en décembre 2025 en France, Lady Nazca est un film aux prises de vue superbes. Le Sud du Pérou est dévoilé, construit autour de la figure historique de Maria Reiche, l’archéologue très connue au Pérou et ignorée en France. Plus qu’un drame historique, le parcours de vie d’une femme forte est imaginé.
Le titre Lady Nazca est un clin d’œil humoristique car Maria Reiche n’a rien à voir avec la chanteuse américaine Lady Gaga, Reiche est née dans le nord de l’Allemagne, en 1903. Autre clin d’œil : l’affiche inspirée de Bagdad Café, grand succès de la fin des années 80 qui héroïsait une Allemande perdue dans le désert ouest-américain.
Le film se libère de l’exactitude historique d’un documentaire, et rend le personnage de Maria Reiche à la fois attachant et fascinant (incarnée par l’actrice allemande Devrim Lingnau).
Lady Nazca suit les pas de Maria Reiche arrivée pour la première fois au Pérou en 1932. Le réalisateur suisse Damien Dorsaz nous fait partager l’enthousiasme de la jeune femme qui laisse des élèves peu intéressés par la beauté des mathématiques, pour connaître le “Pérou profond” de la Côte, Ica et Nazca, et le site de Cahuachi au début des années 40 aux côtés de l’anthropologue Paul Kosok.
Dans le film de Dorsaz, Kosok est remplacé par le Français Paul D’Harcourt (Raoul D’Harcourt) très joliment incarné par Vincent Dedienne.
D’Harcourt passionné par l’art textile, la céramique et la musique préhispanique et andine, embauche Maria Reiche parfaitement polyglotte pour traduire les écrits de l’Allemand Max Uhle, père fondateur du musée d’histoire du Pérou en 1906 (dans les faits, Maria Reiche a traduit pour Julio C. Tello les écrits de Uhle, et non pas au service de D’Harcourt).
Le spectateur de Lady Nazca découvre d’abord le quartier bohème de Barranco à l’image du salon de thé tenu par l’amie de Maria, Amy Meredith, et l’opulence de l’élite locale, propriétaire de lieux comme la villa Heeren. C’est une capitale cosmopolite que la caméra explore dans un premier temps, avant de transporter le spectateur et Maria dans un taxi collectif, une chèvre sur les genoux, en route pour les dunes du Sud et le quotidien du monde andin dans le style à la fois doux et violent des romans de José Maria Arguedas (Yawar Fiesta).
Maria Reiche installe sa tente à l’ombre d’un caroubier et, armée d’un modeste balai, ou juchée sur une échelle instable, elle oublie les heures et les mois qui passent, et met au jour les figures stylisées de colibri, de singe, d’araignée, toute sorte de sillons sableux indéfinis qu’elle repère tracés depuis des millénaires et effacés par les vents et le temps.
Au XXe siècle, les lignes sont menacées par l’agriculture exportatrice représentée par un grand propriétaire, l’hacendado Montoya qui commence à incendier les friches où se trouvent les vestiges des Nazcas, pour planter du coton à perte de vue. Un couple de paysans quechuas observe les mouvements de l’étrangère devenue pour tous la folle du désert. Les métayers finissent par l’aider lorsqu’elle s’effondre à bout de souffle, et en même temps illuminée le jour du solstice d’hiver, par la révélation calendaire des figures énigmatiques.
Le film de Damien Dorsaz est le résultat d’une quête esthétique qui remonte à la rencontre du réalisateur suisse avec Maria Reiche en 1996, lorsqu’il avait vingt-deux ans, et Maria Reiche quatre-vingt-quatorze, un an avant la mort de la vieille dame en 1997.
Dans Lady Nazca, les figurants péruviens sont très nombreux et donnent l’impression d’animer des aquarelles de Pancho Fierro ou d’incarner les petits métiers qui ont inspiré les artistes depuis l’Indépendance du Pérou de 1821.
Pour sauver les lignes de Nazca, Maria Reiche obtient l’appui de l’ethnologue Julio C. Tello, spécialiste de la culture Chavin, de sorte qu’elle défend devant le Congrès péruvien, le patrimoine des lignes de Nazca, et par un vote historique, obtient gain de cause auprès des parlementaires.
Les lignes sont ainsi sauvées du projet d’irrigation qui aurait dévasté ce trésor du patrimoine mondial de l’humanité. Finalement, Maria Reiche découvre l’immensité de sa découverte en survolant la pampa de Nazca à bord d’un vieux coucou comme ceux qui transporteront des touristes tout au long de la seconde moitié du XXe siècle sur les pas de la Dame de Nazca.
Portrait de Flora Tristan paru dans Charivari 22 février 1839
La vie de Flora Tristan a donné lieu à maintes biographies et rééditions dans le sillage des études de genre. Les travaux pionniers de Stéphane Michaud ont ouvert de nombreuses voies. Au Pérou, Flora Tristan est devenue une icône après avoir été condamnée au XIXe siècle pour ses critiques acerbes sur la société qui l’a accueillie.
Après une première partie du chapitre consacrée à la présentation d’archives retrouvées à Paris, à Bordeaux et à Madrid, l’historienne s’attache à étudier l’évocation de Françaises exilées au Pérou et au Chili et fréquentées par Flora Tristan, puis la représentation du type de la tapada, qui a fasciné les voyageurs dans la première moitié du XIXe siècle. Un autre type moins attractif visuellement, mais qui a retenu également l’attention de la Française, est celui desrabonas. Continuer la lecture de Flora Tristan entre Bordeaux et le Pérou→
El 3 de mayo de 1945, Madeleine Truel fue enterrada en el cementerio de Stolpe, en el noreste de Alemania, víctima de un kapo del campo de concentración de Sachsenhausen, desenlace fatal de una Marcha de la Muerte que había comenzado a finales de abril.
Las hermanas Truel nacieron en el Perú en los albores del siglo XX, 5 hermanas y 3 hermanos cuyas raíces familiares se encontraban en el País Vasco y el departamento de Aveyron.
Sus padres fueron prósperos comerciantes que ascendieron en la capital peruana, tema del primer capítulo del ensayo dedicado al Niño del metro, el cuento alegórico escrito por Madeleine e ilustrado por Lucha Truel en 1943, en la biografía de Isabelle Tauzin-Castellanos que UN@ éditions da a conocer en Burdeos con motivo del 80 aniversario de la muerte de Madeleine.
Tras la muerte de Margarita Larrabure y Alejandro Truel el comandante la Bomba Francia (foto de Marilú Cerna Moral), los 8 hermanos llegan a París y comienzan una nueva vida. El cosmopolitismo y la emancipación femenina definen los locos años veinte. Lucha, la menor de los ocho hijos, se dedica a la pintura. La vida en Francia antes de 1939 era despreocupada, con lecturas de poesía de Lorca y el vanguardista Cocteau, visitas al teatro y vacaciones al sur de Francia aunque Madeleine pasaba muchas horas como secretaria de confianza del banco Movellán. Continuer la lecture de Madeleine Truel, Lucha Truel, un libro homenaje sobre las autoras francoperuanas de El niño del metro. Arte, literatura y resistencia.→
Le fonds éditorial de l’université publique San Marcos a publié à l’initiative de Victor Arrambide la traduction en espagnol des souvenirs du Pérou de Camille Pradier-Fodéré, fils du professeur de droit que San Marcos avait engagé pour renforcer l’enseignement des étudiants juristes de Lima de 1874 à 1880. La traduction espagnole rend compte des préjugés , des incompréhensions et des bonnes surprises de l’étranger européen confronté à une réalité civilisationnelle différente de l’industrialisation du Vieux Monde. Continuer la lecture de Camille Pradier Fodéré et ses souvenirs du Pérou→
Antonio Raimondi, né à Milan en 1824, a émigré au Pérou en 1850 ; naturaliste libéral, il voyage dans tout le pays pendant vingt ans, malgré les difficultés que représentent le désert côtier (Costa), la cordillère andine (Sierra) et la forêt amazonienne (Selva). Il publie à partir de 1874 une œuvre géographique monumentale El Perú.
Raimondi collecte des échantillons, prend des mesures, dresse des croquis des différentes régions ; ses collections sont intégrées au musée de l’université. Le savant s’intéresse aux populations locales tout comme aux sites archéologiques. Il découvre la stèle de Chavin et le cactus qui porte son nom (Puya Raimondi). Sa carte du Pérou (32 feuillets) a commencé à être imprimée à Paris à partir de 1887 pendant dix ans.
Le premier feuillet (11) représente une partie du littoral. Les chemins de fer construits dans la seconde moitié du XIXe siècle servent à l’exportation du sucre. Devenu indépendant en 1821, le Pérou a adopté la division administrative en départements, subdivisés en provinces. Le rio La Leche que Raimondi dessine jusqu’au Pacifique a vu son cours modifié pour former le lac La Niña.
La partie centrale (feuillet 12) correspond aux départements de Chachapoyas et Loreto, le versant oriental de la cordillère. Le rio Marañon, alors considérécomme origine de l’Amazone, longe les Andes. A proximité de Tingo, se trouve la citadelle Chachapoya de Kuelap, grandiose et antérieure à l’empire inca. Raimondi a fait un relevé du site inconnu à l’époque coloniale. Le rio Huallaga passe à proximité de Tarapoto, ville isolée et au centre de nombreux trafics. La mention « région inexplorée » portée sur la carte, fait abstraction des populations autochtones.
En revanche, le feuillet 13 signale les territoires habités par les Conibos, les Panos, les Setebos, les Remos, les Capanahuas et les Cashivos sur les bords de l’Ucayali, affluent du Marañon. A partir des années 1890, les populations indigènes sont exterminées par les négociants du caoutchouc lorsque la pénétration de l’Amazonie est décidée pour reconstruire l’économie péruvienne ruinée par la Guerre du Pacifique (1883).
“Elena y sus amigos, casi dos siglos después”, por Carlos Estela-Vilela
¿Una novela de amor, una novela policial, una novela histórica…? Los amigos de Elena. Diez años antes, permite al lector reencontrarse con un desconocido: Fernando Casós. En 1874 el abogado trujillano publica en París esta novela ambientada en el Perú de 1849 agitado por toda la resaca consecuencia del “maldito guano”.
Elena y uno de los amigos, una transfiguración del autor, luchan por su amor en el escenario propio de una sociedad descompuesta por la corrupción y la violencia contra personajes desalmados dispuestos a venderse y vender al país al mejor postor. Estos malvados envuelven a los amigos en mentiras e intrigas para enfrentarlos a los crímenes que alimentan la historia de amor.
¿Logran estos jóvenes provincianos sortear los obstáculos armados de sus corazones e ideales? El lector lo sabrá si se deja conducir a lo largo de sus cuatrocientas páginas. Casós ha concedido un ritmo con aire de trote a su relato tejido a partir de capítulos muy cortos que lo hace de ágil lectura. Esta no es la única particularidad estilística de la novela. Su modernidad radica en la “hibridez de lenguajes”, como se apunta en una introducción que nos devela la biografía del autor y repara en los aspectos fundamentales para comprender la importancia de su obra. Continuer la lecture de Los amigos de Elena: un roman sur le Pérou du milieu du XIXe siècle→
Compte rendu de la traduction en espagnol de Cette France que nous aimons sous le titre La Francia que amamos de Ventura García Calderón (Lima, Universidad Ricardo Palma, 2012)
LaFranciaqueamamos de Ventura García Calderón es legible por primera vez en el Perú, en versión castellana. Ha sido traducida después de más de sesenta años de editada primero en 1945 en Ginebra y luego en París en 1947. Cabe saludar aquí no sólo la iniciativa de la universidad Ricardo Palma, sino sobre todo la valentía de esa aventura o larga «travesía » tal como la define en una nota liminar la traductora María del Pilar Zuazo, quien asumió semejante reto filológico con el apoyo del decano de la facultad de Humanidades y Lenguas Modernas, Pedro Díaz Ortiz.
Traducir a Ventura García Calderón no es nada fácil. El dominio del francés que se transparenta en la traducción, fue propio de un gran erudito perfectamente francófono, capaz de jugar con todos los matices del idioma de Molière. Por tanto, la labor de traducción al castellano requería investigar muchos campos, identificar los galicismos, interpretar las imágenes con que se deleitaba ese bilingüe nato, llegar a captar el « génie de la langue » y trasladar aquella magia verbal al castellano. Además la traductora demuestra un conocimiento preciso de la historia y cultura francesa, anticipando con profusas notas las dudas y preguntas del lector hispanohablante muy alejado de la realidad histórica que viviera Ventura García Calderón. Los largos meses que la traductora dedicó al autor de «La venganza del cóndor » permiten rememorar los tiempos difíciles de la Segunda Guerra Mundial. Si bien María del Pilar Zuazo se disculpa en el prólogo por la violencia de las posturas anti-alemanas de García Calderón, la autora de la presente reseña valora precisamente gracias a LaFranciaqueamamos cómo el peruano identificaba su destino con el de Francia.
El texto del diplomático está empapado de tensa emoción. Gracias a sus palabras, el lector vive el drama de la invasión de 1940 y luego los años terribles de la Ocupación. Ventura García Calderón, considerado en la historia literaria peruana como retrógrado, muestra otro rostro en estos ensayos. Se acerca al espíritu de la Resistencia. En ello, este francófilo coincide de forma admirable y extraña con Manuel González Prada apasionado por el destino de Francia en 1914. Aunque muchas de sus preferencias literarias (Barrès, Péguy) suelen ser clasificadas entre los escritores nacionalistas, no por eso García Calderón expone un discurso unívoco ni displicente. Merced a una prosa sobria y precisa, el ambiente tétrico de aquellos años se hace realidad, con las noches « acosadas entre silbidos y zumbidos » (p. 32), algo parecido al Perú del conflicto interno de los ’80. El ensayo «Primeros contactos con el enemigo » cierra este testimonio autobiográfico con palabras de espanto : « En las noches de insomnio del París de 1940, me imaginaba una máquina para explorar el odio » (p. 43).
Luego Ventura García Calderón enumera las invenciones infernales de los nazis para torturar a los patriotas enemigos (p. 69). La primera parte de LaFranciaqueamamos resulta un testimonio de excepcional valía. Más adelante, en la segunda parte, encabezada por un ensayo titulado « Francia imperecedera » y dedicada a la cultura francesa, el autor peruano examina las contradicciones de su patria intelectual, cuna de Voltaire y Bernadette de Soubirous, de Napoleón y Proudhon, el libertario por el que siente una extraña fascinación. A la vez se adhiere al mito popular de Juana de Arco, la pastora de Lorena quien convenciera a un rey acobardado de que levantara un ejército y expulsara a los ingleses dueños y señores de « la douce France ».
Con este libro vamos entendiendo las peculiaridades del conservadurismo de García Calderón. Con ese espíritu revanchista que perduró después de la Guerra del Pacífico en el odio al vecino del Sur, el escritor homenajea a algún « puntal del nacionalismo francés que no caería […] en el atroz colaboracionismo de los demás » (p. 226). También celebra la literatura y filosofía francesa, cita a innumerables autores, desde Rabelais hasta Valéry ; manifiesta el mayor interés por los escritores del XIX (Balzac, Hugo, Michelet, Baudelaire, Renan, Vallès, Fustel de Coulanges…) ; a todos los menciona y comenta apasionadamente. La traducción prologada por el Decano Pedro Díaz Ortiz permite acceder a juicios críticos sobre la literatura francesa hasta entonces inasequibles y ha de ayudar a todos los investigadores interesados por la cultura europea.
Para los peruanos LaFranciaqueamamos es la oportunidad de emprender un viaje en el tiempo y el espacio, desbaratando los clichés sobre París, limitado a Notre Dame y la torre Eiffel. Con esta traducción digna de muchos encomios, la Universidad Ricardo Palma ofrece un aporte singular al conocimiento de la cultura europea y rescata la herencia de un excelso francófilo.
Suárez, Ana, Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra, México, 2023, Malix.
La historiadora del Instituto Mora, la doctora Ana Rosa Suarez Argüello se ha lanzado a una aventura peligrosa: dejando los archivos, pero con base en su gran conocimiento de las relaciones entre México y los Estados Unidos, publica una novela que reconstruye el drama que fue la guerra provocada por la invasión de México por los Estados Unidos en 1846.
La novela es todo un éxito. Bien construida, con una prosa literaria que se aparenta a la de Alejandro Dumas, Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra empieza en Jalapa de donde sale la joven protagonista para evitar caer en las garras del general Santa Ana. El padre de la joven Juliana, un comerciante acaudalado, ha decidido enviar a su hija a un colegio religioso de Nueva York para ponerla a salvo y mejorar una instrucción imposible de completar en aquellos años 840 para una joven en México.
Alternan las voces de Juliana y de su primo Manuel como otras tantas cartas que se cruzan y no se contestan. Si bien en el convento Juliana se beneficia de la indulgencia y el cariño de Sister Louise, el socio estadounidense de Ignacio Ortiz encargado de pagar las cuotas del colegio, saca a la joven mexicana del colegio cuando ya no le llega el dinero y la emplea en su casa, junto con otra joven migrante de origen irlandés.
La novela representa las desigualdades que enfrenta Juliana en la casa que debería ampararla; ella se descubre “india”, desde la mirada de la señora de Miller. Juliana observa todos los prejuicios de la sociedad estadounidense como su primo que emprende el viaje por tierra desde Luisiana y contempla el trato inhumano aplicado a los esclavos con la conciencia tranquila de parte de los más de los estadounidenses.
El marco de la invasión estadounidense está omnipresente, porque los dos protagonistas, Juliana y Manuel, se hallan repentinamente en tierra enemiga y son susceptibles de ser considerados como espías. A ello se suma el enamoramiento de Juliana por un joven neoyorkino, el hijo de los Miller, que debe ir a combatir contra el ejército mexicano. La joven sirvienta irlandesa da a conocer a Juliana la otra cara de la realidad próspera de Nueva York, con sus tías y hermanitos sumidos en la mayor miseria.
La novela impacta por el destino de los personajes sumamente conmovedores y con los que nos identificamos gracias a la forma de diario. El viaje aludido en el título es a la vez el viaje por los Estados Unidos de Manuel, desde la mirada de un joven mulato, hijo ilegítimo y víctima de los prejuicios raciales en México; es también el viaje de los acompañantes de Manuel, la joven Nicole y su padrino español, cuyas identidades se van develando, que protegen al joven mexicano pronto a defender el honor de su patria en tierra enemiga.
La prosa de Ana Rosa Suarez Argüello no abunda en descripciones inútiles, sino que recrea mínimamente el entorno de la metrópoli neoyorquina y representa la segregación racial omnipresente. La lectura es palpitante hasta el desenlace inesperado que preferimos no descubrir para recomendar al lector mexicano Un viaje a Nueva York en tiempos de guerra, joya novelesca de una historiadora de talento, probable doble de la protagonista, amante de dos patrias.
Vladimiro Montesinos: filmant la corruption qu’il a transformée en système sous la présidence Fujimori https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vladivideo.png
Mise en ligne d’un article publié dans Transitions politiques et évolutions culturelles dans les sociétés ibériques et ibéro- américaines contemporaines. Ed. de Francisco Campuzano, Université de Montpellier 3, 2002, p. 239-252. Texte intégral dans HAL SHS
Auteure : Isabelle Tauzin-Castellanos
El ojo que llora – L’oeil qui pleure. 70.000 victimes du conflit interne armé, Pérou 1980-2000 commons.wikimedia.org/wiki/File:Memorial_El_ojo_que_llora_(detalle_2).jpg
Alberto Fujimori ganó por primera vez las elecciones presidenciales en 1990 frente a Mario Vargas Llosa con el apodo de “el chino”: fue identificado como de procedencia humilde, con rasgos físicos orientales, más próximos a los “serranos” que el “blanco” de Vargas Llosa, aquel escritor mundialmente conocido, instalado en Europa y convertido en político por oposición al proyecto de nacionalizar los bancos del presidente A. García. Se enfrentaron dos esloganes: “Libertad” de M. Vargas Llosa, con un logo inspirado del movimiento polaco Solidaridad, y por otro lado, la terna poco llamativa, “Trabajo, honradez y tecnología”, de A. Fujimori. Al modelo político y económico de los Estados Unidos, en buena parte desconsiderado por su tradicional ingerencia, se sustituyó, con el éxito de Fujimori, el sueño del eldorado japonés, corroborado por el éxito de Japón en todos los frentes, así como por el empuje de los 4 dragones asiáticos
“José Maria Arguedas en Francia” est une communication présentée par Isabelle Tauzin-Castellanos à l’occasion du Congrès “Arguedas: la dynamique des rencontres culturelles”, lors de la célébration du Centenaire de la naissance de José Maria Arguedas, à Lima en 2011, à l’initiative de Carmen Maria Pinilla.
Cet article analyse le témoignage de José María Arguedas sur Paris pendant la période de décolonisation de l’Afrique du Nord, à partir des essais et des lettres qu’il a rédigés à la fin des années 1950. Il comparera ces impressions de voyage avec la vision du monde qui transcende Los ríos profundos, un roman qu’il venait d’achever avant le voyage. À quels signes José María Arguedas s’identifie-t-il en France ? Qu’est-ce qu’il rejette de l’Europe ? Comment décrit-il l’Autre ?
José María Arguedas emprende su primer viaje a Europa a finales de enero de 1958, después de poner el punto final a Los ríos profundos. Permanece fuera del Perú casi diez meses hasta los primeros días de noviembre, transitando por España, Francia e Italia. El descubrimiento de Europa es conocido por la tesis sobre las comunidades campesinas extremeñas, también gracias a un artículo titulado «París y la patria» (El Comercio, 7 de diciembre de 1958) y a las cartas enviadas a los familiares. En base a esa documentación heterogénea es como Isabelle Tauzin-Castellanos aporta una nueva mirada sobre aquella etapa poco conocida de la vida de Arguedas.
Arguedas, José María (1995 [1958]). Los ríos profundos. Madrid: Cátedra. Arguedas, José María (2004 [1958]). París y la patria. En Carmen María Pinilla,
¡Kachkaniraqmi! Sigo siendo (452-458). Lima: Fondo del Congreso.
Forgues, Roland (1993). José María Arguedas. La letra inmortal. Correspondencia con Manuel Moreno Jimeno. Lima: Los ríos profundos.
Ortiz Rescanière, Alejandro (1996). José María Arguedas: recuerdos de una amistad. Lima: Pontificia Universidad Católica del Perú.
Pinilla, Carmen María (1999). Arguedas en familia. Lima: Pontificia Universidad Católica del Perú.
Pinilla, Carmen María (2002). Cartas del Archivo José María Arguedas de la Pontificia Universidad Católica del Perú. Anthropológica, 20, pp. 121-176.
Pinilla, Carmen María (2004). ¡Kachkaniraqmi! Sigo siendo. Lima: Fondo del Congreso.
Pinilla, Carmen María (2011). Itinerarios epistolares. La amistad de JM Arguedas y Pierre Duviols en dieciséis cartas. Lima: Fondo Editorial de la Pontificia Universidad Católica del Perú.
Supervielle, Julio (1962 [1929]). La desconocida del Sena. María Luisa Bombal (trad.), Buenos Aires, Losada, pp.19-28
Tauzin, Isabelle (2007). El otro curso del tiempo. Una interpretación de Los ríos profundos. Lima: Instituto Francés de Estudios Andinos.
En este libro se presenta la transcripción del manuscrito inédito, redactado por el clérigo franciscano José María Blanco, que narra el viaje del presidente Luis José de Orbegoso por los departamentos de Cusco, Puno y Arequipa. Dicho recorrido, llevado a cabo entre enero y marzo de 1835, fue parte de la campaña de pacificación del jefe de Estado peruano, con la cual buscaba construir alianzas en el sur del país, en medio del azaroso contexto político de la década de 1830. Sin embargo, en el diario del viaje, el padre Blanco no solo da cuenta de las actividades políticas del presidente; también proporciona valiosa información sobre los lugares por donde marchó la comitiva oficial, relata las costumbres de los habitantes de estas tierras y reporta sus usos lingüísticos, expone los datos estadísticos que posee y realiza descripciones de la arquitectura y las instituciones halladas. Debido a ello, el manuscrito es una fuente importante para la historia política y los estudios acerca de la vida social y cultural del sur peruano durante la temprana República.
Este volumen es el esperado complemento de la primera parte del diario, dedicado a la marcha del presidente Orbegoso entre Lima y Cusco, el cual fue publicado en 1974. La presente edición cuenta con un notable estudio introductorio de Isabelle Tauzin-Castellanos, responsable del hallazgo del códice en el Archivo Nacional del Ecuador. Para corroborar los datos del padre Blanco, solicitó información al historiador Charles Walker acerca de Tupác Amaru II, al arqueólogo Rainer Hostnig acerca de las pinturas rupestres por Ollantaytambo y a otros especialistas del sur andino.
De todos los trabajos que se conocen del padre José María Blanco, este libro es el que hace que su nombre ocupe un lugar eminente en la historia de la cultura sudamericana del siglo XIX. Quizá sin pretenderlo, el padre Blanco hizo de su diario, como dice Jorge Basadre, una «obra llena de información escueta y precisa, [que] es, en realidad, debajo de su aridez, una viva enciclopedia del Perú meridional que tocó visitar a su autor». Esta obra no solo hace noticia de los pormenores del viaje a los departamentos que fueron objeto de la visita presidencial, sino además es un conglomerado de datos referidos a la historia y geografía del Sur peruano, y la vida y las costumbres del habitante de la región. En esta edición se ha trabajado intensamente la revisión del texto, acudiendo no solo a la ayuda bibliográfica sino a la consulta personal de expertos conocedores de Puno y Cusco.
José María Blanco
Capellán franciscano oriundo de Quito, deportado a Lima al final del Virreinato por sus ideas liberales. Acompañó al presidente peruano Luis José de Orbegoso a lo largo de su gira entre 1834 y 1835, y redactó el diario del viaje presidencial. Dicho relato incluye información invalorable sobre la sierra sur peruana, las costumbres locales, los sitios arqueológicos como Ollantaytambo, las ciudades como Puno y Arequipa, numerosísimos pueblos próximos al Capac Ñan.
Isabelle Tauzin Castellanos
Historiadora y lingüista. Doctora en Estudios Latinoamericanos por la Université de Poitiers (1990), es profesora principal en la Université Bordeaux Montaigne desde 1999 y miembro honorario del Institut Universitaire de France, coordinadora de varios programas de investigación sobre transferencias culturales e historia de las migraciones.
Isabelle Tauzin es miembro correspondiente de la Academia Peruana de la Lengua, autora de un centenar de artículos y libros de historia, historia del arte y literatura; entre los libros de su autoría más recientes, están Representaciones internas y miradas externas sobre el Perú y la América andina (Lima, UNMSM y Presses Universitaires de Bordeaux, 2019); Manuel González Prada. Ensayos y poesías (Madrid, Cátedra, 2019); Peruanismo en Burdeos (2020), coeditado con José Antonio Mazzotti (2020), Miradas recíprocas entre Perú y Francia (2015), coeditado con Mónica Cárdenas Moreno, Viajes, exilios y migraciones: representaciones en la literatura latinoamericana del siglo XXI (2019), coeditado con Efrén Ortiz (Universidad Veracruzana), Miradas mexicanas hacia Francia y Estados Unidos coeditado con Ana Rosa Suarez Argüello (México, 2022) y De l’émigration en Amérique latine à la crise migratoire: histoire oubliée de la Nouvelle Aquitaine (2021) y otros libros académicos publicados en Francia desde 2001.
Jorge Huamán Machaca
Historiador por la Universidad Nacional Mayor de San Marcos. Ha publicado artículos académicos en diversas revistas especializadas del medio. Además, ha sido coautor en el Diccionario biográfico del Perú contemporáneo editado por Milla Batres y en el Diccionario biográfico español de la Real Academia de la Historia de España. Entre 2010 y 2016, fue responsable de la edición de las obras completas del Inca Garcilaso de la Vega por la universidad del mismo nombre. Desde 2015 labora para la Biblioteca Nacional del Perú, donde ha sido coordinador en los proyectos de Valorización del Libro Antiguo, de Recuperación de Libros Quemados del incendio de 1943 y, desde 2020, jefe del Equipo de Trabajo de Custodia del material bibliográfico documental. En la actualidad, desarrolla un diccionario biográfico del Perú en el siglo xix y un proyecto de investigación sobre el cementerio Presbítero Matías Maestro.
David Velásquez Silva
Magíster y licenciado en Historia por la Universidad Nacional Mayor de San Marcos. Es especialista en historia política, el ejército e historia conceptual del Perú en el siglo xix. Sobre estos temas, ha publicado diversos artículos en revistas peruanas y del extranjero. Ha sido ganador del premio de la Asamblea Nacional de Rectores a la mejor tesis de maestría en Humanidades (2013) y el premio François Bourricaud (2011). Se desempeñó como director del Fondo Editorial y Librería de la Universidad Nacional Mayor de San Marcos.
Acerca de las antologías poéticas en el Perú del siglo XIX es un trabajo publicado por el fondo editorial de las universidades de Burdeos en Le phénomène anthologique en France editado por Nadine Ly y Geneviève Champeau, Bordeaux, 2000, PUB, pp. 189-201, en los balbuceos de la difusión académica por internet. En este trabajo asequible en línea, Isabelle Tauzin revisa las antologías poéticas que fueron publicadas en el Perú a lo largo del siglo XIX, más precisamente entre 1853 y 1895, fechas que enmarcan aquellas ediciones.
La autora examina cómo se fue estructurando la reivindicación de lo nacional en la primera antología editada en 1853 y cómo luego se modificaron los criterios de selección en función de una estrategia por la que unos valoraran la literatura virreinal mientras que otros determinaron alentar la poesía contemporánea, o sea la romántica, caso de Ricardo Palma.
En total son nueve las antologías a las que se remite presentando el primer panorama exhaustivo sobre este tema gracias a la investigación de campo realizada en Lima: los libros de Manuel Corpancho, José Domingo Cortés, Ricardo Palma, José M. Gutiérrez…
Bibliografía consultada
1846: América poética colección escogida de composiciones en verso escritas por americanos en el presente siglo -parte lírica-, Valparaíso, imp. El Mercurio. 1853: Manuel Corpancho, Lira patriótica del Perú colección escojida [sic], Lima, imp. F. Velarde por J.M. Ureta, 88 págs. 1862: El Parnaso Peruano o Repertorio de Poesías nacionales antiguas y modernas precedidas del retrato y biografía de su autor. Colección hecha por José Toribio Polo, Lima, imp. La Epoca, 224 págs. 1862-1863: Flores del Nuevo Mundo. Tesoro del Parnaso americano, compilación de poesías líricas de autores del presente siglo, precedida de un discuros preliminar sobre la poesía lírica en la América latina y arreglada y escogida por Manuel Nicolás Corpancho, México: imp. V. García Torres. 1865: Lira americana, colección de poesías de los mejores poetas del Perú, Chile y Bolivia recopilados por D. Ricardo Palma, París, Rosa y Bouret. 1871: Cortés, José Domingo, Parnaso peruano, Valparaíso, Albión de Cox. 1873: Lira patriótica o colección escogida de poesías sobre asuntos patrióticos por Godofredo Corpancho, Lima, se, 78 págs. 1875: Cortés, José Domingo, América poética. Poesías selectas americanas con noticias biográficas de los autores coleccionadas por J.D. Cortés, París, lib. Bouret., 1889: Lira arequipeña, colección de las más selectas poesías de los vates antiguos y modernos, prólogo de M. Valdivia, Arequipa, imp. Manuel P. Chaves, 643 págs. 1915: Parnaso Peruano ordenado por V. García Calderón, Barcelona, Maucci, 319 págs.